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11.05.2008
Olivier en Mai
Dimanche de Pentecôte solitaire, avec vue exclusive sur le jardin fleuri et ensoleillé...
Je décide d'aller cet après-midi rejoindre Olivier chez Drücker...
Les journaux ont parlé toute la semaine de cette rencontre insolite, on va bien voir...
Divan de velours... Rouge, c'est plus que jamais de circonstance...
Mimi, manifestement, n'est pas trop à l'aise, mais il assure, comme toujours...
Rien de spontané ne risque d'advenir dans cette émission, ça se sent dès la première image...
Olivier, ce n'est pas un démago, il n'est pas là pour séduire, mais pour faire réfléchir...
Cela se voit, cela s'entend...
Je vais chercher une part de tarte à la rhubarbe dans le frigo...
Retour dans mon fauteuil...
Le jeune facteur tient toujours la route, la tête dans le guidon...
Il présente son Levallois, son Louviers, son prof d'Allemand, son Krivine, son "touche pas à mon pote",
son Porto Alegre, sa Christiane Tobira, son collègue de la poste de Neuilly, et quelques autres...
Ses deux copines syndicalistes de chez Reynolds -qui ne s'en laissent pas compter- sont là aussi...
(Elles me font penser à la pub du Crédit Agricole, les deux nanas sympas installées à la terrasse d'un bistrot,
mettant en boîte un grand dadais de fils qui rêve d'Orénoque...
"Je te rappelle que tu vis toujours chez ta mèèèèère!...")
Son Jean Ferrat à la moustache encore conquérante,
son Bernard Lavilliers, cher stéphanois aux "Mains d'or" qui me font chaque fois pleurer...
C'est bon, c'est généreux, c'est chaleureux, la gauche... ou plutôt l'extrême-gauche...
Ca dit de belles phrases profondes...
"Porter avec dignité une cause qui nous dépasse très largement" ou
"Ne pas se laisser inscrire dans la case de l'éternel candidat" ou
"En 68 les gens parlaient entre eux, se libéraient... La poésie circulait sans avoir besoin de poètes"...
"Chacun prenait conscience de sa force..."
Et pour demain "L'espoir de préparer un 68 qui réussisse"...
Moi dans mon fauteuil, appliquée, attentive, songeuse... Très loin de moi, quoi...
Pourquoi ne suis-je pas plus émue?
Plus heureuse qu'enfin il y ait pû y avoir une longue émission hors des élections,
un tel droit à la parole?
Pourquoi tout cela me paraît-il en définitive froid, convenu, dissonant, artificiel?
Et pourquoi, finalement, je l'avoue, pourquoi cette émission?
L'autoriser , à mon humble avis, a plus desservi "la cause", que l'empêcher...
Les idées ont suffoqué, asphyxiées par le velours rouge des canapés...
Dépitée, je retourne au frigo me servir une autre part de tarte...
Dehors le soleil brille, brille, brille en sifflotant...
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