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28.04.2008
Pieds tendres
J'avais pourtant choisi des chaussures de marche très confortables pour aller à la fête!
Mais ma peau est ainsi faite que dès hier matin j'avais senti les ampoules se former sur mes talons...
A la rescousse: la trousse pansements à ampoules... Je pensais que ça suffirait...
Hélas... Le soir, à la descente du train, à la gare de Lyon, la situation s'était sérieusement détèriorée...
Pressée de regagner la gare d'Austerlitz, par surcroît je me trompe de rue...
Et j'aboutis sur le Quai de la Râpée, de plus en plus claudicante, de plus en plus désespérée...
Arrivée lamentable, enfin, après un interminable calvaire, sur le Pont d'Austerlitz...
Il faisait très chaud hier, le pont luisait dans le soleil, propre comme un sou neuf, comme la promesse d'un soulagement...
Il a été ma providence:
J'ai alors tranquillement ôté mes chaussures... un apaisement immédiat, le paradis revenu...
Mes collants étaient filés, le sparadrap des talons enroulé sur lui-même, noir, boudiné, c'était vraiment dégoûtant à voir...
Mais mes pieds revivaient...
J'ai dignement traversé le Pont d'Austerlitz, mes chaussures à la main, comme une vieille bohêmienne éclopée...
Et je ne me suis rechaussée que pour entrer dans la cour de la gare, pas avant...
Finalement, qui aurait bien pû s'en offusquer?...
Il faisait si beau hier que marcher pieds nus sur le Pont d'Austerlitz, un dimanche après-midi de printemps, n'avait rien de choquant, je pense...
13:23 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24.04.2008
Laissons le chant libre à l'oiseau...
Une semaine avec les enfants d'une Maison de quartier...
La matinée seulement, pour un moment d'activité, dirigée... mais pas trop quand même...
A moi de trouver la bonne distance entre le "laisser tout faire" -la non-directivité des années 70-, et le "ne rien tolérer"...
Quand on n'est pas dans la juste mesure, on reconnaît très vite la vague d'ennui qui submerge insensiblement le groupe...
Tous les prétextes sont bons pour s'évader:
On a besoin de faire pipi, de se laver les mains parce que les doigts collent,
on commence à chahuter un peu,
à glisser insensiblement de sa chaise...
L'oiseau se sent prisonnier, il ne peut pas chanter...
On peut toujours essayer de le distraire, de le dérider, il reste muet.
Mais dans les moments magiques, ceux où le petit groupe n'est plus que chants heureux, bruissements d'ailes et de ciseaux, va-et-vient tranquille entre les matériaux posés sur la table, on sait qu'on est dans le vrai, donc dans le beau...
La sensation de liberté bienheureuse et créatrice est enfin là...
Moment magique, le soleil brille, on a tous envie de chanter...
14:35 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.04.2008
Pour Enzo, à la mémoire d'Aimé Césaire...
E mi zenfan péyi-la... Et voici les enfants du pays
Mi yo ... Les voici
Mi yo doubout en péyi-la ... Les voici érigés au pays
An plen mitan lanmé ... Au coeur même de la mer
An plen mitan soley... Au coeur même du soleil
yo la ... Ils sont là
po nwè ... Peaux noires
po jonn... Peaux jaunes
po rouj... Peaux rouges
po chapé... Peaux échappées
Po blan ... Peaux blanches
Nou byen fouté pa mal!... Quelle importance!
Nou sav sé zefan péyi-la... Ce sont, nous le savons, les fils de ce pays
Sé swè a-yo ki ka rozé péyi-la... Leur sueur nourrit la terre de ce pays...
Poème d'Hector Poullet
Traduction P.Chamoiseau et R.Confiant
J'aurais aimé dessiner un flamboyant!!!!
14:07 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.04.2008
Le bon vieux temps
Début 1964, au terme de mon congé de maternité, j'avais été affectée, en tant qu'institutrice, dans une petite école maternelle d'une commune de la vallée du Gier, dans la Loire.
Dernière arrivée, on m'avait attribué d'autorité la classe la plus délicate à conduire, celle des tout-petits.
Ces tout-petits qui commencent tout juste à ne plus faire pipi dans leur culotte...
Encore qu'à la moindre émotion...
Ces tout-petits qui ont encore tant besoin de sollicitude individuelle...
A cette époque les enfants arrivaient à l'école dès deux ans et quelques mois.
Ma seule classe faisait aussi office:
de salle d'accueil,
de vestiaire,
et de lavabos
... pour l'ensemble de l'école.
Elle comptait -je parle, bien entendu, des effectifs de ma seule classe-:
70 inscrits, et 50 enfants présents chaque jour, en dehors des épidémies de varicelle et de rougeole.
Pour les épidémies de poux on accueillait quand même les petits, avec un torchon sur la tête.
Si on les avait exclus pour cette raison, l'école aurait été vidée en permanence de la moitié de ses effectifs...
Pour les activités les enfants disposaient de cinq grandes tables ovales.
A raison de dix petits par table je pouvais ainsi organiser cinq activités différentes.
Les siestes se déroulaient dans un vestibule étroit annexe de la classe: on déployait des couvertures par terre, et dodo!...
Et, bien sûr, les toilettes se tenaient dans la cour, pour "accueillir" les petites fesses, rouges et transies pendant les hivers rigoureux...
Et il fallait ainsi, tant bien que mal, essayer de faire vivre la classe non pas comme une garderie, mais comme un lieu véritable d'éducation...
Se débattre en permanence avec la pauvreté des fournitures, l'inadéquation des locaux à une véritable pratique pédagogique...
Ce matin je me demande si l'actuel Ministre de l'Education ne rêve pas à un retour à ce bon vieux temps, où les enseignants pouvaient avec fierté justifier leur salaire principalement par un empilement d'élèves dans des lieux sordides, rentrant le soir chez eux nerveusement et moralement épuisés par une journée passée à compenser toutes les carences du système, découragés, désabusés, intellectuellement usés avant l'âge...
Le beau temps des (soit-disant) 11,9 élèves par prof était encore très loin d'advenir...
En dépit des affirmations cyniques du Ministre, il ne l'est, me semble-t-il, pas encore à l'heure actuelle...
10:17 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14.04.2008
Spécial copinnage
C'est une petite association quelque part dans le Loiret, à Coullons, pour être plus précis...
Elle s'appelle A.C.T. (association cirque-théâtre).
Le 26 avril elle invite un orchestre de salsa y merengue à la fête, dans sa grange...
Il y aura aussi apéro musical et dîner...
Ca sera furieusement sud-américain...
Et peut-être cela fera venir le printemps!
En tous cas moi j'y vais!
Et peut-être vous aussi!
Appelez Denis ou Bernadette au 02 38 29 23 49, et dites leur que vous appelez de ma part !
Ils vous donneront tous renseignements...
11:53 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.04.2008
Le grand silence des vacances
Voici à nouveau venu le temps où mes copines grands-mères sont réquisitionnées pour la garde des petits-enfants...
Plus question pendant quelques jours de programmer la moindre toile avec elles...
De prendre le moindre rendez-vous pour un p'tit café dans quelque brasserie en ville que ce soit...
Les coups de téléphone se font rares... Ou rapides: "Excuse-moi, il faut que je prépare l'arrivée des enfants..."
Il faut programmer les sorties, les animations de tous genres, pour les exigeantes petites têtes blondes ou brunes...
Et il faut aussi impérativement aller se faire présentable, sinon belle, chez le coiffeur...
Il faut faire le grand ménage pour que la maison soit accueillante, préparer le gâteau préféré, prévoir les menus qui plairont...
Quand mes enfants étaient petites, je n'avais pas conscience que leur venue chez les grands-mères, pendant les vacances,
déclenchait un tel charivari.
On arrivait, tout était prêt, les grand-mères en pleine forme, pomponnées, bien coiffées...
Les bonnes odeurs flottaient dans la maison...
Rien ne laissait envisager que cette félicité familiale s'était construite au prix du lâche abandon des copines !!!
08:53 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10.04.2008
Les nanas
Quelle que soit mon opinion sur le gouvernement auquel elles appartiennent, je les aime bien, ces jeunes nanas aux propos vigoureux...
Quelle leçon de courage et d'éthique donnent-elles aux vieux crocodiles qui devraient être pour elles références en la matière...
Je me surprends, ces derniers jours, à me faire la réflexion que si Ségolène avait eu l'envergure intellectuelle et morale de Nathalie, elle serait actuellement installée dans les dorures élyséennes...
Que sera dans cinq ans devenue Nathalie?
Sera-ce elle qui, définitivement écoeurée par les veuleries de son bord, aura repris les rênes de la gauche?
Tant de talent ne peut pas être laminé par la médiocrité de l'appareil...
Nathalie, Présidente! Nathalie, Présidente!
Et Rama, Premier Ministre!
09:54 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
08.04.2008
Buratto!
C'était dans le Rio Terra San Leonardo, en début d'après-midi, un jour de marché.
Je me régalais d'une somptueuse gelata à la terrasse d'une trattoria.
Une montagne de fruits frais surmontant crème onctueuse, glaces aux parfums variés et biscuits croustillants...
Les ménagères allaient et venaient, les badauds lèchaient les vitrines, le doux soleil d'avril brillait...
"Buratto! Buratto!"
Une sorte de rumeur attira mon attention sur un cortège de jeunes hommes qui déambulait le long de la rue, et semblait adresser ses lazzis à celui qui ouvrait le cortège, coiffé d'un bonnet d'âne en toile de jute, avec autour de son cou un grand collier de feuillages et de fleurs...
Comme personne n'était là pour m'expliquer le sens de cette cérémonie parodique,
j'ai simplement imaginé qu'il s'agissait de l'enterrement d'une vie de garçon...
Le collier pour les félicitations et le bonheur...
Le bonnet d'âne...
Pourquoi pas pour dire qu'il faut être bien bête pour perdre sa liberté en se mariant???
Cette interprètation me convient bien!
Pas vous?
10:56 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.04.2008
La promenade lyrique
D'un bout à l'autre mon voyage a été habité par "Mort à Venise".
Dès l'arrivée, au petit matin, par la lagune, l'adagietto de la cinquième symphonie de Mahler s'est installé dans ma tête, et m'a accompagnée pendant ces trois jours d'errance rêveuse.
Un matin je me suis retrouvée devant la grille du Grand Hôtel des Bains...
Il faisait beau et doux, l'hôtel était silencieux....
Alors j'ai gravi les marches blanches...
Tout était là, intact... La terrasse ombragée, les fauteuils de rotin, les dalles de marbre...
L'ombre de la belle Comtesse polonaise et de sa suite familiale, celle de Tadzio, celle de son ténébreux amoureux transi.
Et même l'orchestre grimaçant, menaçant, qui venait rompre toute cette harmonie...
J'étais en plein rêve éveillé.
J'étais Silvana Mangano dans ses soieries couleur de nacre, j'étais Dirke Bogarde éperdu d'amour dans son maquillage pathétique, j'étais le jeune Tadzio au visage d'ange, et j'étais même le musicien édenté et obscène...
Je suis rentrée telle une reine au bar de l'hôtel, et j'ai bu un capuccino à la terrasse...
Mais cependant de l'autre côté de l'entrée et de son tourniquet majestueux...
Je n'ai pas osé aller jusqu'à profaner les fauteuils mythiques...
Aucun autre client sur la terrasse, comme si l'Hôtel n'avait ce matin-là ouvert ses grilles que pour moi...
J'ai ensuite traversé l'avenue, et je me suis retrouvée sur la plage du Lido, la fameuse plage, elle aussi déserte en cette saison...
J'ai ramassé un petit coquillage dans le sable, comme celui que ramasse Dirke Bogarde dans le film, quand l'inspiration musicale surgit enfin...
Je me suis retournée en quittant la plage, essayant un instant de retrouver la fine silhouette de Tadzio dans sa tenue de bain rayée, regardant vers le large, la main gracieusement posée sur sa hanche...
Trop de qualificatifs, trop d'adverbes, trop de redondances, je sais, dans ce petit récit...
N'est pas Visconti qui veut!
06:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note







