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16.04.2008

Le bon vieux temps

Début 1964, au terme de mon congé de maternité, j'avais été affectée, en tant qu'institutrice, dans une petite école maternelle d'une commune de la vallée du Gier, dans la Loire.

Dernière arrivée, on m'avait attribué d'autorité la classe la plus délicate à conduire, celle des tout-petits.

Ces tout-petits qui commencent tout juste à ne plus faire pipi dans leur culotte...
Encore qu'à la moindre émotion...

Ces tout-petits qui ont encore tant besoin de sollicitude individuelle...

A cette époque les enfants arrivaient à l'école dès deux ans et quelques mois.

Ma seule classe faisait aussi office:

de salle d'accueil,

de vestiaire,

et de lavabos

... pour l'ensemble de l'école.

Elle comptait -je parle, bien entendu, des effectifs de ma seule classe-:

70 inscrits, et 50 enfants présents chaque jour, en dehors des épidémies de varicelle et de rougeole.

Pour les épidémies de poux on accueillait quand même les petits, avec un torchon sur la tête.

Si on les avait exclus pour cette raison, l'école aurait été vidée en permanence de la moitié de ses effectifs...

Pour les activités les enfants disposaient de cinq grandes tables ovales.

A raison de dix petits par table je pouvais ainsi organiser cinq activités différentes.

Les siestes se déroulaient dans un vestibule étroit annexe de la classe: on déployait des couvertures par terre, et dodo!...

Et, bien sûr, les toilettes se tenaient dans la cour, pour "accueillir" les petites fesses, rouges et transies pendant les hivers rigoureux...

Et il fallait ainsi, tant bien que mal, essayer de faire vivre la classe non pas comme une garderie, mais comme un lieu véritable d'éducation...

Se débattre en permanence avec la pauvreté des fournitures, l'inadéquation des locaux à une véritable pratique pédagogique...

Ce matin je me demande si l'actuel Ministre de l'Education ne rêve pas à un retour à ce bon vieux temps, où les enseignants pouvaient avec fierté justifier leur salaire principalement par un empilement d'élèves dans des lieux sordides, rentrant le soir chez eux nerveusement et moralement épuisés par une journée passée à compenser toutes les carences du système, découragés, désabusés, intellectuellement usés avant l'âge...

Le beau temps des (soit-disant) 11,9 élèves par prof était encore très loin d'advenir...

En dépit des affirmations cyniques du Ministre, il ne l'est, me semble-t-il, pas encore à l'heure actuelle...

  

Commentaires

Hélas, ça ne vas aller en s'améliorant...
Retirer des heures de cours, supprimer des postes, faire des cours de "rattrapages"le mercredi ou pendant les vacances...
Sans parler des méthodes de lectures absurdes...

Ecrit par : fredo | 14.05.2008

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