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29.03.2008
Haute comme une fourmi, ronde comme une pomme verte...
Sans se laisser trop impressionner par ce qu'elle rencontre au cours de cette journée,
têtue comme une petite mule des montagnes,
la petite Afghane qui a décidé d'apprendre à lire traverse les éboulis de ce qui fut les Bouddhas,
essaie de troquer ses oeufs contre un cahier sans stylo,
longe la rivière,
se fait kidnapper dans un jeu de Talibans, puis d'Américains, en culottes courtes,
et arrive enfin à l'école des filles pour s'apercevoir que finalement elle n'a appris au cours de cette journée d'initiation
que ce qu'elle s'est donné la peine d'apprendre par elle même...
Cette digne petite bonne femme bien campée sur ses jambes regarde son pays droit au fond du coeur...
Si vous ne l'avez pas encore vu, ce film s'appelle "Le cahier".
Emmenez-y vos enfants qui traînent la patte pour aller à l'école, ça les fera peut-être réfléchir...
19:06 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
27.03.2008
Les premiers temps...
On commençait à parler d'une maladie terrifiante...
Personne ne savait ni d'où elle venait ni où elle allait, mais elle hantait déjà les services hospitaliers...
La première personne que j'ai entendu en parler en connaissance de cause, c'était une infirmière, hallucinée de ce qu'elle vivait, venant apporter son témoignage à un groupe de travailleurs sociaux.
Elle avait choisi de prendre le risque.
Elle soignait, elle soutenait, elle accompagnait la solitude de ceux qu'on commençait à désigner comme instruments de la colère divine.
Son propre corps parlait de l'épouvantable mission qu'elle avait acceptée. De la détresse où elle-même se trouvait.
Ses collègues fuyaient autant qu'elles le pouvaient les chambres de ces malades-là, terrorisées par les risques de contagion.
Au moindre toucher, au moindre éternuement, au moindre souffle...
Les malades guettaient leur mal évoluer inexorablement... La folie finissait par les rattraper...
Les grandes terreurs du Moyen-Âge étaient revenues...
Plus de vingt ans après je me demande ce qu'elle est devenue, cette pionnière.
Combien de temps elle a tenu le coup.
A-t-elle vu arriver les traitements, enfin, puis les nouveaux traitements, puis le temps du recul de la maladie, et celui des longues échéances de vie?...
Peut-elle enfin envisager d'aller demain rendre visite à l'un de ses malades sans redouter qu'il ne soit déjà plus là?
Aura-t-elle le temps de voir un jour la maladie enfin vaincue?
Après son intervention elle nous avait remerciés de notre attention, au milieu d'un silence pétrifié, et elle était repartie rejoindre le cauchemar.
19:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.03.2008
Le drapeau tibétain
Il est beau comme une oeuvre d'art, comme une toile de Malévitch...
Il parle comme un livre, de ce pays de neige, de ses six tribus originelles, de traditions spirituelles, de liberté et de bonheur séculaires, de sources de refuge spirituel, de vertus divines, de morale humaine, d'épanouissement perpétuel...
Aller et retour permanent entre le séculaire et le spirituel...
Je ne serai pas boycotteuse des Jeux olympiques, je les boycotte depuis toujours, par manque d'intérêt pour la chose sportive.
Mais je me verrais bien, dans les prochaines semaines, accrocher simplement un drapeau tibètain à ma fenêtre...
Et même, pourquoi pas, aller jusqu'à essayer de le fabriquer moi-même:
Six bandes de rubans bleus...
Autant de rouges...
Un soleil de satin jaune, et le contour jaune également...
Pour les deux lions ça sera plus compliqué, il faudra peut-être les dessiner à l'encre de Chine (!!!) sur une toile blanche...
Ce serait ma modeste contribution à la nécessaire solidarité...
10:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.03.2008
Les virtuoses
Sans doute connaissez-vous ce film...
Grimley, petite ville minière du Yorkshire frappée par la crise, ne vit plus que par sa fanfare...
"Les virtuoses" font partie des quelques films qui m'arrachent le coeur de tendresse.
Sans doute parce que la ville noire, Saint-Etienne, a bercé ma vie...
La crise minière, les mineurs stéphanois en ont connu un rayon...
Maintenant , depuis très longtemps, les mines sont désaffectées, seul subsiste un musée, qui conserve la trace de ce qui fut la vie de toute une vallée...
On y retrouve la traditionnelle "salle des pendus", les photos de ces pauvres chevaux ne voyant jamais la lumière du jour, et rendus complètement alcooliques par l'inconscience des hommes, tout une tradition de misère et de résignation...
Il y avait certainement aussi des pratiques culturelles en marge de l'esclavage, mais je n'étais pas assez proche du monde de la mine, et j'étais trop jeune pour m'informer...
Reste alors la fanfare de Grimley pour me faire rêver qu'à Saint-Etienne aussi des hommes fuyaient leur désespoir en se berçant de musique...
Renée B., c'est à toi que je pense en écrivant ces quelques lignes...
A toi, et à ton père...
Je suis sûre que ce film te fait aussi pleurer...
11:25 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.03.2008
Madame ex-Bling Bling
Ca fait tout drôle: si peu de temps passé, et Cécilia paraît déjà tellement loin...
Il a fallu aujourd'hui quelques images à la télé, une fois de plus complaisamment offertes à toutes les curiosités, pour reculer de quelques mois...
Comme avant, comme il y a seulement quelques mois, du people, du people et encore du people:
Pour que personne n'ignore sa nouvelle fortune, son remariage, Versace, un Fouquet's new-yorkais pour fêter tout ça...
Surtout que personne ne s'imagine qu'elle est mortifiée, furieuse, froidement revancharde...
Ou même, sait-on jamais, malheureuse...
Pendant ce temps son ex est entré en ascèse...
Non, il ne craquera pas...
Non il n'est pas en train de ruminer une nouvelle réplique...
L'ère Cécilia est terminée, voici venu le temps des romances sérieuses...
Il est prêt à tout, il n'hésitera devant rien,
jusqu'à renoncer à ses gadgets bling-bing,
pour reconquérir
-ou simplement conquérir-
l'amour
-il se contenterait même de la confiance-
de la France...
Ca risque d'être long, la belle est rancunière, et méfiante!...
14:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.03.2008
La sagesse des oiseaux
c'est un bijou de petit fascicule ... Son auteur: Erik Sablé... Son éditeur: Zulma...
Je l'ai acheté complètement par hasard... Encore que...
Comme dit la quatrième de couv: "Il est une poétique de tout ce qui porte une aile".
Je vais tenter d'exploiter une de ses historiettes ("l'origine des oiseaux chez les Dénés-peau-de-lièvre") pour préparer une semaine d'animation, fin avril, auprès d'enfants du Centre de loisirs de la Maison de quartier St Louis...
En vue de ce travail je récupère tous les papiers d'emballages de fleuristes (cristal ou soie, à l'exclusion des papiers opaques)...
Donc, durant ces quelques semaines, si vous recevez un bouquet de fleurs, ce que je vous souhaite, merci de m'envoyer les emballages!
Vous voyez, je suis sympa: je ne réclame même pas un bouquet pour moi !!!
MERCI D'AVANCE !!!
19:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.03.2008
L'annonce faite à Claudel
Un ange a touché Philippe Claudel de ses plumes légères..
Il lui a dicté une histoire.
Philippe Claudel a déclaré: " Je suis le serviteur du cinéma".
Et de sa caméra magique il a fait "Il y a longtemps que je t'aime"...
Je vous salue Kristin et Elsa pleines de toutes les grâces...
Pleines de larmes lumineuses.
Pleines de lumière intérieure.
J'ai flotté toute la nuit dans le ciel étoilé de votre film, comme dans une toile de Chagall...
Au petit matin je savais de quel sexe est celui des anges: Il est féminin...
Il y a longtemps que je vous aime, jamais je ne vous oublierai...
16:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.03.2008
Les sacoches d'encaisseur
Les ménagères exemplaires que je croise sur le marché Notre-dame ont deux caractéristiques: leur caddy et leur sac.
Leur caddy est large, posé solidement sur quatre roues. Il est fait d'un écossais sobre et sombre, résistant à tous les temps.
Il est là pour la vie...
Le caddy regorge de légumes solides eux aussi, de gros poireaux, de grosses carottes, de grosses pommes de terre qui feront de grosses soupes ou de gros pots-au-feu pour leur imposante famille.
Les ménagères du marché Notre-Dame portent en bandouillère sur leur ventre puissant un sac en cuir épais, dont elles peuvent en permanence surveiller la bonne tenue, comme ces sacoches que portaient autrefois les encaisseurs du gaz et de l'électricité.
"Oh vie heureuse des bourgeois, qu'avril bourgeonne ou que décembre gèle ils sont fiers et contents..."
Les sacs de ces femmes modèles doivent contenir les clefs de la vraie vie de famille, du porte-monnaie simple et robuste dont on connaît le contenu jusqu'à la plus petite pièce jaune, jusqu'à la liste de commissions où rien n'est jamais oublié.
Pas trace dans ce sac-là de la moindre houppette de poudre de riz, du moindre mot galant glissé en catimini...
Du rêve fou d'un amour " l'emportant sans rameur sur un fleuve inconnu..."
Ces sacs portés en bandouillère attestent des saines vertus domestiques de leur propriétaire.
"Et tous sont ainsi faits, vivre la même vie toujours pour ces gens-là cela n'est point hideux..."
Dimanche dernier les sacs se sont déplacés jusqu'aux urnes.
Dans le secret des isoloirs on en a extirpé le feuillet préparé avant de venir, et on l'a glissé dans l'enveloppe sans jeter un regard aux autres feuillets consciencieusement récoltés sur les tables du bureau de vote...
Il est probable que lundi matin le résultat du vote aura satisfait autant le caddy que la sacoche d'encaisseur:
Les beaux jours cossus du marché Notre-Dame, de ses caddys et de ses sacoches d'encaisseur, ne sont pas encore, et pour longtemps, terminés...
"Ce canard n'a qu'un bec, et n'eut jamais envie ou de n'en plus avoir, ou bien d'en avoir deux..."
Brassens, mon beau poète...
19:49 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
17.03.2008
Bouteille à la mer...
Qu'est-ce qui se passe chez Haut et Fort?
Depuis son relooking mes visiteurs se plaignent de ne plus pouvoir laisser de commentaires...
De mon côté je ne peux plus laisser de réponses aux commentaires antérieurs...
Et je n'arrive même pas à faire partir vers Haut et Fort mes messages d'inquiétude...
J'espère que cette bouteille à la mer parviendra à vos oreilles...
Que rapidement vous bidouillerez vos circuits pour rétablir les liens entre les uns et les autres...
C'est, si je ne me trompe, la vocation d'un blog...
07:54 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
15.03.2008
Ma petite littérature de cuisine
Moi je suis un écrivain sur toile cirée, sur coin de table de cuisine...
Je bidouille mes petites recettes à moi, écrites à la main sur des cahiers à carreaux.
Je monte les mots en neige ou en mayonnaise, selon mes humeurs...
Je les assaisonne qui d'une virgule, qui d'un trait d'humour. C'est délicat d'assaisonner, il faut bien prendre son temps...
Ou être bien doué...
Je pare, je pique, je poche, je poêle, je dégraisse, j'émince, j'échaude, je dore, je rissole...
Je rafraîchis, je réduis, je décante, je fais dégorger...
Et quand la préparation me paraît à point: j'enfourne... Et j'attends...
Il faut faire attention: trop cuit, ou pas suffisamment, c'est toujours mauvais...
La sortie du four est un moment important: rien qu'à l'odeur on sait si c'est réussi.
On laisse refroidir un peu, ou au contraire on déguste brûlant...
Quand on est sûr que c'est réussi on invite les copains pour les régaler.
Quand c'est mauvais ça part à la poubelle, on recommencera plus tard, quand la déception sera passée.
C'est comme ça que j'écris.
C'est comme ça que j'aime.
C'est comme ça que je vis.
14:06 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note







