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28.02.2008

relooking

J'attends le relooking de Haut et fort pour relooker mon blog!

A bientôt!!!

25.02.2008

Tolérance combien ???

Chers écoliers qui êtes en vacances,

J'espère que vous n'écoutez pas les infos, et que vous savourez la douceur des grasses matinées et des gigantesques glandouilles autorisées pendant les journées sans école ...

Parce que ce que vous pourriez entendre risquerait de vous donner de mauvaises idées pour la rentrée:

Comment désormais pourrait-on vous punir pour avoir traité un prof de "connard", alors que cette apostrophe semble depuis peu être autorisée en haut lieu, avec des accents pathétiques de grande indulgence...

" On peut avoir un moment d'agacement..."

 C'est un grand "signe de virilité" que d'insulter un citoyen par des mots grossiers...

Et d'abord "c'était un échange privé ..."

... Il n'y avait que quelques dizaines de caméras -certainement perfidement cachées- pour violer cet instant d'abandon...

Les ministres se relaient depuis quelques semaines pour ramer à rattraper les dérapages quasi quotidiens du patron...

Au fait, qui avait dit à son adversaire, pendant la campagne: "Pour être Président il faut savoir garder ses nerfs..." ?

Allez, les gamins, profitez bien de vos vacances, revenez-nous avec les joues rouges, et faites surtout confiance en ce que vous diront vos profs à la rentrée:

Traiter quelqu'un de con, ou de connard -même si désormais... chez les adultes... cela fait l'objet d'une tolérance illimitée- n'a jamais grandi personne...

23.02.2008

Une soirée particulière

Pas trop envie, hier soir, de reprendre la voiture pour aller au spectacle.

Regret d'avoir complèté mon abonnement aux Amandiers par la soirée lecture de "La douleur" de Marguerite Duras.

A mon dernier déménagement, incapable d'en supporter même le titre, j'avais donné le bouquin.

 A qui? Je ne me souviens même plus.

Je ne pouvais plus. Je ne voulais plus lire.

Je refusais.

Et puis j'ai vu que cette lecture devait être donnée par Dominique Blanc et Patrice Chéreau.

J'ai pris mon billet comme on va à l'agonie.

Mais pour ces deux comédiens, que ne ferais-je pas...

Et la lecture a eu lieu.

Les mêmes mots. Ceux là même que, seule avec mon livre, je n'avais pas supportés.

Ceux qui avaient réveillé sans ménagements les vieilles plaies toujours suintantes sous la croûte.

Mais des mots dont la beauté absolue était servie et sublimée encore, hier soir, par le travail des comédiens, leur sensibilité, leur pudeur, leur intelligence, et la musique profonde de leurs voix.

Mon effroi a tout doucement fait place à une onde de tendresse vis-à-vis de ces belles personnes.

Par la grâce de leur talent, par la grâce du jeu théâtral, les mots implacables m'ont doucement, sans violence, apprivoisée, parce qu'ils avaient enfin trouvé leurs justes interprètes, et que pour cela ils renonçaient à s'attaquer à moi de plein fouet, me privant du bonheur de les lire .

Je suis entrée chez moi dilatée de cette grave et inattendue réparation.

22.02.2008

Jonquilles des rues

Il y avait trois Roumains avant-hier dans la rue de Montreuil:

Le premier, le plus jeune, accroupi devant la première boulangerie, tendait aux passants une petite tasse bleue en demandant la charité.

Le second, près du buraliste, égrenait une mélodie nostalgique sur un pipeau, un carré de laine à ses pieds, avec, posée dessus, une piécette-témoin pour encourager les passants à la générosité.

Le troisième, à la porte de la seconde boulangerie, proposait trois petits bouquets de jonquilles.

De ces petites jonquilles en bouquets ronds, qu'on ne rencontre que durant quelques jours, au début du printemps, vendues à la sauvette dans des paniers en osier, à l'angle des rues...

Avant-hier, pour tout dire, c'était la veille de mon anniversaire...

J'ai pris ce vendeur aux dents en or comme un émissaire de tous ceux qui ne peuvent plus me souhaiter "bon anniversaire", parce qu'ils ont disparu de ma vie, ou qu'ils ont tout bonnement déserté la leur...

Et je les ai achetés, ces trois bouquets, même si l'argent ne va pas, comme promis juré craché, à l'achat de couches pour le bébé de mon aimable fleuriste des rues...

L'important, c'est qu'ils aient existé ce jour-là, sur mon passage, ces trois jolis petits bouquets ronds...

21.02.2008

Les grands souliers

Etait-ce à cause de leurs longues chaussures noires qui dépassaient de leur soutane?

Mon père appelait "les grands souliers" les curés et autres abbés qui officiaient dans le petit univers confit de catholicisme  du village.

On les croisait partout, la longue cape noire sur les épaules, dans les rues, lors des cérémonies officielles, au cours des fêtes familiales, ou patronnales...

Rarement réellement présents dans leurs comportements, plutôt comme des ombres noires, et pourtant omniprésents...

Le pire souvenir que j'aie des "grands souliers", c'est le passage obligé et terrifiant au confessionnal...

Quand la petite grille s'ouvrait dans l'obscurité, que je ne percevais du "grand soulier" que son haleine de soupe froide et, avant même que j'aie avoué quoi que ce soit, sa voix chargée d'accusations, l'envie me quittait instantanément de faire une confession sincère...

J'improvisais à la va vite une liste de péchés véniels, qui ne risquaient pas de m'attirer des foudres divines, et je me retrouvais avec une peine proportionnelle à la bénignité de mes péchés, et ouf, c'était règlé pour un moment...

Contrairement à ce que me promettait le petit Jésus du catéchisme, jamais la petite fille que j'étais n'a ressenti la moindre confiance, le moindre sentiment de réconfort, auprès de ces sinistres fonctionnaires du ciel...

"Les grands souliers" ont largement contribué à la méfiance fondamentale que m'inspire la religion.

Que m'inspirent toutes les religions...  

20.02.2008

D'un Villiers l'autre...

Au petit matin, hier, il y a eu l'assaut sur Villiers-le-bel...

Très clean, d'après les autorités... Les jeunes enfants tirés de leur sommeil avec délicatesse, les cages d'escalier baignées de musique classique pendant l'opération, on n'en doute pas...

Au grand journal, le soir, c'était l'évocation de la possibilité que Villiers -le vendéen- soit sollicité pour faire partie du gouvernement remanié...

Tiens, on pourrait imaginer qu'il soit versé à l'Intérieur, juste pour rire...

Villiers-le-Beau contre Villiers-le-Bel... Désopilant...

Il y a des téléscopages homonymiques qui frappent, voire qui cognent...

Froid dans le dos sur froid dans le dos, c'est beaucoup pour une journée...

18.02.2008

Pub de plomb

Ils sont délicats, les annonceurs publicitaires...

Ils pensent tendrement aux chères têtes chenues douillettement installées dans leur retraite, et dans l'ennui des après-midis où rien ne se passe plus pour eux que dans la vie des autres...

Comme si les programmes n'étaient pas suffisamment déprimants pour ceux qui, faute d'occupation plus passionnante, sont condamnés à regarder la télé en sommeillant à moitié dans leur fauteuil, ils reçoivent en prime, et de plein fouet, la réalité de l'humiliation et de l'angoisse de leur âge:

Ne crois pas que tu vas pouvoir un instant ne pas trop penser à tout ce qui empoisonne désormais ta vie, mon cher Papi, ma chère Mamie...

Nous sommes d'ailleurs là pour te le rappeler, avec une infinie délicatesse:

Du sonotone à l'appareil dentaire, de la couche anti-fuites à l'escalier électrique, des sècheresses intimes aux troubles de l'érection, sans parler des transmissions d'héritage et autres assurances obsèques, rien ne t'est épargné...

Entre Derrick et Rex tu te demandes ce qu'ils vont encore inventer pour te rappeler que désormais ta situation de légume social ne t'autorise plus qu'à ingurgiter, si possible sans baver sur ta cravate, toutes les annonces soi-disant faites pour rendre ta vie plus agréable...

Tu parles...

Envisagée par les cohortes de vieux qui désespèrent les après midi devant leur télé, la suppression de la pub, ce sera plutôt une bonne nouvelle pour le moral...     

  

15.02.2008

Fragilités

Je n'étais pas juive, j'étais blonde aux yeux clairs ... Je n'habitais pas une région particulièrement menacée...

J'étais toute petite, les adultes parlaient sans retenue devant moi... "Elle ne comprend pas!"...

Et pourtant, il m'a fallu attendre l'adolescence pour être enfin délivrée des cauchemars où la Gestapo me poursuivait...

Plus tard, beaucoup plus tard après la guerre, j'ai rencontré un couple d'Allemands, charmants, encore bouleversés par ce qui venait de leur arriver, au terme d'un après-midi de jeux joyeux avec les gamins d'un petit village provençal.

Toute l'après-midi les enfants avaient supposé qu'ils jouaient avec de sympathiques Anglais. 

A la révélation de la véritable nationalité de leurs compagnons de jeux, le plus petit d'entre eux avait imploré, les yeux pleins de larmes;

"Vous n'allez pas me tuer?"...

Les enfants s'identifient éperdument aux enfants martyrs qu'ils redoutent à tout instant de devenir à leur tour...

Attention, fragile...

Dans les écoles aujourd'hui l'actualité fournit suffisamment d'opportunités de craintes, puis de réflexion sur le redoutable pouvoir prédateur des adultes...

Comment exiger d'un enfant qu'il s'approprie l'histoire d'un petit fantôme martyrisé, frère à tout jamais virtuel, à moins que ne s'en mêlent des complications psychologiques...

Il y a aujourd'hui beaucoup à aimer, beaucoup d'empathie à développer, pour nos enfants, dans leur quotidien...

Apprenons leur plutôt à prendre conscience du présent, pour que jamais ne se reproduisent les cauchemars du passé...

13.02.2008

Pleut-il encore, bergère?

Il y a si longtemps que je n'avais pas entendu cette petite ritournelle!

La bergère, les blancs moutons, la chaumière, l'orage, l'amoureux éperdu, la mère accueillante, tout pour faire rêver la petite fille que j'étais, il y a à peu près trois siècles...

Bien sûr, et c'est heureux, à cette époque, on n'allait pas chercher le second degré dans les paroles...

Pourtant la guerre faisait rage derrière les murs de l'école. 

Mais bien à l'abri dans notre petite maternelle de campagne, entre le guide-chant, les cubes en bois, la pâte à modeler  et le corsage fleuri de la maîtresse, comment aurions-pû détecter dans ce texte bucolique l'inquiétude des jours à venir...

Le télé-film de Nina Companeez, introduit par les voix fraîches de l'enfance, a allumé dans ma mémoire des petites lucioles de nostalgie et aussi d'inquiétude...

Les petits enfants d'aujourd'hui apprennent-ils encore ces chansonnettes qui procèdent de notre mémoire collective?

Que reste-t-il dans notre conscience et dans la vie actuelle de notre société, de la rage antisémite, du délire de chasse à l'homme, qui se sont emparés de notre humanité à travers les générations?

Quels sont les risques, voire la réalité immédiate, de reproduire cette folie à notre époque?

Et puis, en regardant "J'entends venir l'orage", le souvenir de ma vieille copine Nicole s'est imposé à mon coeur...

Elle non plus n'a pas senti venir l'orage...

Ou bien le sentait-elle inconsciemment, et noyait-elle son angoisse dans les fêtes inspirées des folles traditions russes, noyées de danse et de vodka...

J'ai constamment imaginé, en le regardant, combien elle aurait aimé le film de Nina Companeez!

Aussi je prends la liberté de le lui dédier... En attendant de prévisibles autres orages...   

  

11.02.2008

Dallas-sur-Seine

Jr et Sue-Ellen n'en finissent pas de règler leurs comptes...

C'est le gentil Bobby qui en fait les frais et qui s'éloigne la tête basse dans son pardessus bouteille de St-Galmier: Qu'allait-il faire dans cette galère...

Et voilà que le jeune héritier à cheveux jaunes entre à son tour dans la bagarre! Ambiance carnassière...

Ca tire à vue à chaque carrefour! Le Far-West en Ile-de-France... Univers impitoyable...

Il n'y a plus d'amis, de religion, il n'y a plus de bonnes manières qui tiennent...

Le ciel est bleu au-dessus du marché du dimanche matin.

Les ménagères brushing-distingué-sur-caddy-en-osier-loden-beige n'hésitent plus à témoigner devant les caméras des journalistes:

De mémoire de Dallas-sur-Seine on n'a jamais vu ça...

Le comble: On en viendrait presque à envisager de voter pour un nouveau shérif, moins inféodé à Jr et ses frasques de tous ordres, un shérif plus convenable, plus modéré, plus à l'image lisse de leur ville dorée au soleil des banques...

Serait-ce la fin d'une dynastie? Rien n'est moins sûr... Ici on est tellement attaché aux traditions...

 

 

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